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Installer WordPress en local : le guide (Windows, Mac, Linux)

Développer un site WordPress directement en ligne, c’est prendre le risque de casser un site visité — et d’attendre à chaque test que les fichiers remontent sur le serveur. Installer WordPress en local, sur votre propre machine, résout tout cela : vous travaillez hors ligne, instantanément, sans risque, et vous ne mettez en production que ce qui fonctionne. Ce guide passe en revue les solutions selon votre profil, de la plus simple à la plus proche de la production, avec les étapes concrètes pour chacune.

Pourquoi installer WordPress en local

Un environnement local reproduit sur votre ordinateur ce qu’un hébergeur fournit : un serveur web (Apache ou Nginx), PHP et une base de données MySQL/MariaDB. Vous obtenez un WordPress complet, accessible sur une adresse du type http://localhost, invisible du reste d’internet.

Les bénéfices sont concrets : tester un thème ou une extension sans risque, développer un thème sur mesure, apprendre WordPress sans payer d’hébergement, préparer une refonte à l’abri des regards, ou déboguer un problème sur une copie du site avant de toucher à la production. C’est aussi bien plus rapide : aucune latence réseau entre chaque enregistrement.

Il existe quatre grandes familles de solutions. Voyons-les de la plus accessible à la plus technique.

Solution 1 : Local, la plus simple

Édité par WP Engine, Local (anciennement Local by Flywheel) est l’outil idéal pour débuter. Il gère tout — serveur, PHP, base de données — derrière une interface graphique, sans aucune ligne de commande.

Étapes avec Local

  1. Téléchargez Local depuis son site officiel et installez-le (Windows, macOS et Linux sont supportés).
  2. Cliquez sur Create a new site.
  3. Donnez un nom au site ; Local propose une adresse comme monsite.local.
  4. Choisissez l’environnement Preferred (réglages recommandés) ou Custom pour fixer une version précise de PHP.
  5. Définissez l’identifiant et le mot de passe administrateur.
  6. Cliquez sur Add Site : WordPress est installé et prêt.

Le bouton WP Admin vous connecte directement au tableau de bord, et Open site affiche le site. Aucun réglage de base de données à faire manuellement. C’est le choix recommandé si vous ne voulez pas vous soucier de la technique.

Solution 2 : XAMPP et MAMP, les classiques

XAMPP (Windows, Linux, macOS) et MAMP (macOS, Windows) installent une pile complète Apache + MySQL/MariaDB + PHP. Contrairement à Local, l’installation de WordPress y est manuelle — instructive quand on veut comprendre ce qui se passe.

Installer WordPress avec XAMPP

  1. Installez XAMPP, puis ouvrez le XAMPP Control Panel.
  2. Démarrez les modules Apache et MySQL.
  3. Téléchargez WordPress depuis fr.wordpress.org et décompressez l’archive dans le dossier htdocs de XAMPP, par exemple C:\xampp\htdocs\monsite.
  4. Créez la base de données (voir la section dédiée ci-dessous).
  5. Ouvrez http://localhost/monsite dans le navigateur : l’assistant d’installation de WordPress démarre.

Renseigner la connexion à la base

L’assistant vous demande les informations de connexion. En local avec XAMPP, elles sont standard :

Nom de la base : monsite
Identifiant : root
Mot de passe : (laisser vide)
Adresse : localhost

MAMP suit exactement la même logique, à ceci près que l’identifiant et le mot de passe par défaut sont souvent root / root, et que le port MySQL peut être 8889.

Solution 3 : Docker, l’environnement reproductible

Si vous connaissez déjà les conteneurs, Docker offre un environnement propre, jetable et identique d’une machine à l’autre. Un seul fichier compose.yaml décrit toute la pile.

# compose.yaml
services:
  db:
    image: mariadb:11
    environment:
      MYSQL_DATABASE: wordpress
      MYSQL_USER: wp
      MYSQL_PASSWORD: wp
      MYSQL_ROOT_PASSWORD: root
    volumes:
      - db_data:/var/lib/mysql

  wordpress:
    image: wordpress:latest
    depends_on:
      - db
    ports:
      - "8080:80"
    environment:
      WORDPRESS_DB_HOST: db
      WORDPRESS_DB_USER: wp
      WORDPRESS_DB_PASSWORD: wp
      WORDPRESS_DB_NAME: wordpress
    volumes:
      - wp_data:/var/www/html

volumes:
  db_data:
  wp_data:

Lancez l’ensemble d’une commande :

# Démarrer WordPress et sa base
docker compose up -d

# Voir les conteneurs actifs
docker compose ps

# Tout arrêter et supprimer les conteneurs
docker compose down

WordPress est alors disponible sur http://localhost:8080. L’avantage majeur : vous versionnez ce fichier avec votre projet, et n’importe quel collègue reproduit l’environnement exact en une commande. Pour approfondir cet outil, consultez notre guide Docker pour débutants.

Solution 4 : wp-env, l’outil officiel des développeurs

Maintenu par l’équipe WordPress, wp-env cible le développement de thèmes et d’extensions. Il s’appuie sur Docker mais masque toute la configuration derrière quelques commandes. Il faut Node.js et Docker installés.

# Installer wp-env globalement
npm install -g @wordpress/env

# Depuis le dossier de votre thème ou extension, démarrer
wp-env start

# Arrêter l'environnement
wp-env stop

# Réinitialiser complètement la base
wp-env clean all

Par défaut, wp-env expose le site sur http://localhost:8888 avec le compte admin / password. Il monte automatiquement le dossier courant comme extension ou thème actif : idéal pour développer et tester en direct.

Créer la base de données à la main

Avec XAMPP ou MAMP, il faut créer la base avant de lancer l’assistant. Deux méthodes.

Via phpMyAdmin

Ouvrez http://localhost/phpmyadmin, cliquez sur l’onglet Bases de données, saisissez un nom (par exemple monsite) et validez avec Créer. C’est tout — l’assistant WordPress remplira les tables.

En ligne de commande

# Se connecter à MySQL/MariaDB
mysql -u root -p

# Créer la base avec un jeu de caractères adapté
CREATE DATABASE monsite CHARACTER SET utf8mb4 COLLATE utf8mb4_unicode_ci;
EXIT;

Le jeu utf8mb4 gère correctement les emojis et tous les caractères, c’est le standard recommandé.

Dépannage des problèmes courants

« Error establishing a database connection »

C’est l’erreur la plus fréquente. Vérifiez dans l’ordre : le service MySQL est-il démarré ? Le nom de la base, l’identifiant et le mot de passe dans wp-config.php correspondent-ils exactement ? L’adresse est-elle la bonne (localhost, ou db sous Docker) ?

// wp-config.php : les valeurs doivent correspondre à votre base
define( 'DB_NAME', 'monsite' );
define( 'DB_USER', 'root' );
define( 'DB_PASSWORD', '' );
define( 'DB_HOST', 'localhost' );

Le port est déjà utilisé

Sous XAMPP, Apache refuse souvent de démarrer car le port 80 est pris (par Skype, IIS ou un autre serveur). Changez le port d’écoute d’Apache pour 8080 dans sa configuration, puis accédez au site via http://localhost:8080. Sous Docker, modifiez le mapping 8080:80 si 8080 est occupé.

Page blanche après l’installation

Une page blanche cache souvent une erreur PHP. Activez temporairement le débogage dans wp-config.php :

define( 'WP_DEBUG', true );
define( 'WP_DEBUG_LOG', true );

Les erreurs s’écrivent alors dans wp-content/debug.log, ce qui révèle l’extension ou le thème fautif.

Erreurs de mémoire PHP

Sur des sites chargés en extensions, PHP peut manquer de mémoire. Augmentez la limite :

define( 'WP_MEMORY_LIMIT', '256M' );

Quelle solution pour vous ?

Résumons. Local est parfait pour débuter ou pour un usage non technique : rien à configurer. XAMPP / MAMP conviennent si vous voulez comprendre les rouages et disposer d’un serveur polyvalent. Docker brille dès que vous travaillez en équipe et voulez un environnement reproductible et versionné. wp-env est taillé pour développer thèmes et extensions avec l’outillage officiel.

Dans tous les cas, le principe reste identique : un serveur, PHP, une base de données, et l’assistant WordPress. Une fois la mécanique comprise sur un outil, vous passez de l’un à l’autre sans difficulté. Commencez simple, puis montez en puissance quand votre projet l’exige.

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